Rien à apprendre? Tu me fais peur!Récemment, j’ai croisé une personne qui a laissé entendre qu’elle n’avait rien à apprendre, en paroles claires, mais aussi en geste. Elle a balayé du revers de la main ce qui venait de se dire, pour appuyer le fait que ça ne la concernait pas.

J’aimerais croire que son objectif était l’inverse. Que cette personne, qui affirme haut et fort qu’elle n’a pas besoin d’aide ou de nouvelles connaissances, veut ainsi prouver qu’elle est en contrôle. Pourtant, le message que je perçois est complètement différent.

  • De l’un, quelqu’un qui n’a « rien » à apprendre est, selon moi, une personne qui ne reste pas à jour dans son domaine d’activité. Ça devient donc risqué de faire affaire avec elle. Elle ne sera pas en mesure de faire évoluer son produit et donc de me faire évoluer en tant que cliente ou collaboratrice.
  • Ou encore, quelqu’un qui n’a pas besoin des autres est, dans ma perception, une personne imbue d’elle-même. Elle envoie le message que l’autre est petit et sans importance, donc elle ne sera pas à l’écoute de ses besoins et non ouvert à une saine collaboration.

Ce sont mes perceptions. Celles des autres peuvent être différentes. Les uns peuvent y voir de l’arrogance alors que d’autres y verront de la confiance.

Arrogance ou confiance? La communication est une question de perception

Dans le cas ici présent, je doute que la personne ait voulu démontrer qu’elle était en contrôle de la situation et confiante. Pourquoi? À cause de son langage non verbal. C’est difficile de faire mentir son corps.

Il reste que cela demeure MA perception de la situation.

La perception, c’est le processus par lequel je sélectionne, ordonne, interprète les informations en provenance du monde qui m’entoure.

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer ma perception:

  • Mon environnement : Qu’il soit interne ou externe, mon environnement a une influence. Suis-je fatiguée? Ai-je faim? Est-ce que je suis moi-même en confiance face au sujet en question? Suis-je distraite par mon téléphone, la lumière, la température?
  • Mes sens: Évidemment, j’ai perçu un message avec mon ouïe et avec mes yeux. Dans d’autres cas, les autres sens peuvent venir influencer mes perceptions aussi. Le « home staging » est un exemple facile pour illustrer ce point! On y travaille jusqu’à l’odorat en suggérant de faire cuire une tarte aux pommes pour rendre notre maison accueillante.
  • Ma sélection:  Ma personnalité influence comment je perçois et décide de l’information à traiter dans un message. Par exemple, j’ai décidé de considérer le langage non verbal dans la situation illustrée plus haut. Je suis une personne sensible et à l’écoute des autres, ce qui influence nécessairement ma perception d’un message. Une autre personne aurait pu simplement ne pas remarquer ce fait.
  • La structure de ma pensée: Le contexte dans lequel la situation s’est produite peut influencer ma perception. L’idée préconçue que j’ai de la personne en cause également.

Une fois le message reçu, je l’interprète et je réagis à celui-ci. Ma propre interprétation et réaction à ce message va influencer la perception des autres.

C’est un processus sans fin et c’est pourquoi on dit souvent de ne pas « sauter aux conclusions ». Avant de réagir à un message, c’est important de prendre plus de temps dans l’étape de l’interprétation du message et revenir sur tous les facteurs qui peuvent influencer ma perception.

Et dans le feu de l’action?

L’urgence n’est jamais une bonne conseillère. Chaque fois où l’on peut prendre un moment de recul avant de réagir, c’est sage de le faire. Et puis je dirais que ça impose le respect. La personne à qui l’on demande un moment de réflexion avant de réagir se sent écoutée.

Mais attention! Ne pas réagir dans le feu de l’action, dans une situation d’urgence, cela aussi est sujet à interprétation!

La meilleure façon de réagir adéquatement, c’est en adoptant les bons principes de la communication interpersonnelle.

  • Répétez le message que vous venez d’entendre pour confirmer avec l’autre que vous avez bien compris.
  • Parlez au « je » et expliquez pourquoi vous n’êtes pas d’accord tout en parlant de nos émotions.
  • Apportez une solution, soyez positif dans votre message.
  • Finalement, faites aussi attention à votre propre langage non verbal, il représente 55% de ce que vous dites!

Alors, quelle est votre perception de ce message?