Et si je vous dis qu’écouter est l’habileté de communication la plus importante, me croyez-vous? Observez les gens autour de vous et remarquez ceux qui écoutent vraiment et ceux qui sont absents de la conversation. Ils peuvent être préoccupés par quelque chose d’autre. Le moment peut être mal choisi pour discuter. Cependant, ils peuvent être en train d’écouter à moitié parce que déjà en train de formuler une réponse. Ça nous arrive tous! En être conscient est déjà un pas dans la bonne direction.

4 attitudes à développer pour mieux écouter

Saviez-vous qu’en tant que gestionnaire, entrepreneur ou chef de projet, vous pouvez passer près du tiers de votre temps à écouter! Si vous cherchez à améliorer votre productivité, bien écouter est certainement une des clés de la réussite! Solange Cormier, auteure du livre La communication et la gestion, détaille dans ce dernier, ces 4 attitudes qui influencent notre écoute.

La présence à soi

La présence à soi est un concept de plus en plus populaire avec la montée de l’intérêt pour la méditation, et c’est tant mieux! Ce n’est pas simple par contre. Être capable de gérer tout se qui se passe dans notre tête quand l’autre nous parle exige une très grande maîtrise de soi! Cela demande d’être conscient de ses propres filtres (nos expériences, nos croyances, nos projections) et ne pas juger l’autre.

Solange Cormier explique que pour être en mesure de se centrer sur l’autre, il faut se décentrer de sa propre performance et placer toute notre attention sur notre interlocuteur. Cette présence à soi va nous permettre de:

  • Reconnaître rapidement quand nous ne sommes plus à l’écoute,
  • Être en mesure de faire la distinction entre ses propres expériences et celles des autres,
  • Diminuer notre réactivité et notre tendance à répondre sans avoir tous les éléments pour le faire,
  • Éviter les jugements de valeur.

La tolérance à l’ambiguïté

Notre tolérance à l’ambiguïté peut nous aider, ou non, à avoir une meilleure présence à soi et par le fait même à mieux écouter. C’est normal de ne pas avoir tous les éléments d’information dans une conversation puisque notre interlocuteur présente ses idées avec sa propre logique.  Elle ne correspond pas toujours à la nôtre et on peut trouver un manque de limpidité.

Habituellement, quand on prévoit un échange avec quelqu’un, nos idées et arguments sont prêts.  Cependant, trop de planification peut nous amener à ne pas faire preuve d’ouverture et étudier le point de vue de l’autre. Solange Cormier indique avec raison que lorsqu’on débute une conversation, on n’en connait jamais l’issue à l’avance. C’est comme un saut dans le vide.

Est-on capable de vivre avec ces incertitudes? Est-on capable de prendre le risque de ne pas tout savoir et de ne pas pouvoir donner de réponse immédiate? Est-ce qu’on est en mesure de dire « je vais y réfléchir et te revenir avec une réponse »?  Ou bien, on se sent obligé de répondre immédiatement au risque de répondre n’importe quoi?

La valorisation des différences

Notre réalité n’est pas nécessairement celle de l’autre. Chacun a ses propres expériences et juge une situation selon son propre cadre de référence.  Faire preuve d’ouverture à une façon de voir les choses différemment permet, en plus de mieux écouter, de développer notre créativité et notre potentiel. À l’inverse, c’est impossible d’écouter si l’on est convaincu que nous détenons la vérité!

De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu’il n’existe qu’une seule réalité. – Paul Watzlawick

La disponibilité

Tel que mentionné au point 1, si le moment est mal choisi pour discuter, on ne s’aide pas. Vaut mieux reporter une discussion que faire semblant d’écouter parce que la réelle écoute demande une disponibilité non seulement physique, mais aussi psychologique.

Physique Psychologique
  • Éteindre son téléphone
  • Fermer la porte de son bureau
  • Choisir un endroit approprié
  • Choisir le bon moment dans la journée
  • Être physiquement en forme (pas de mal de tête ou autre)
  • Avoir le temps d’écouter
  • Être en mesure de se détacher émotionnellement du sujet
  • Contrôler son monologue intérieur

Une meilleure écoute est un avantage concurrentiel

Ok, on jase là! Est-ce qu’on peut vraiment voir l’aptitude à une meilleure écoute comme un avantage concurrentiel? Absolument! 93% de la communication passe par le non verbal et seulement 7% par les mots. Une présence à soi pour taire notre discours intérieur doublée d’une disponibilité à l’autre nous permet de voir au-delà des mots.

Le meilleur vendeur / conseiller / coach / gestionnaire / patron, est celui qui sait se taire et qui sait parler au bon moment.  Il récolte ainsi plus d’information que son concurrent, tout en ayant mis en valeur la personne avec qui il discute. Tout cela, simplement par sa présence et son écoute active parce qu’il acquiert tous les éléments qu’il faut pour influencer l’autre. Je parle d’affaires, mais c’est aussi vrai pour devenir un meilleur conjoint ou un meilleur parent.

À titre d’exemple, avez-vous déjà croisé quelqu’un dans une foule et vous avez eu l’impression qu’il n’y avait plus personne autour tellement cette personne était là juste pour vous, à ce moment-là. Si vous avez répondu oui, alors voilà votre exemple à suivre pour laisser un souvenir impérissable à votre interlocuteur. Je ne crois pas que ce soit quelque chose qui arrive très souvent. Dans mon cas, j’ai un seul souvenir d’une présence tellement puissante que j’avais l’impression d’être dans une bulle avec cette personne, malgré la foule autour de nous. En plus d’être 100% à l’écoute, cette personne exerce un magnétisme incroyable et on devient à notre tour 100% présent.

Une personne qui est 100% présente à l’autre n’écoute pas seulement avec ses oreilles. Elle écoute avec ses yeux pour voir le langage corporel de l’autre. Elle écoute aussi avec son cœur pour ressentir les émotions de l’autre.

Faire taire le petit hamster qui roule dans notre tête n’est pas chose facile! Mais je réitère mon affirmation: l’écoute est l’habileté la plus importante en communication alors j’y travaille!

Cindy