Mettre des ressources en commun pour aller plus loin a fait ses preuves et ça ne date pas d’hier. Peut-être êtes-vous familier avec le terme Mastermind group, un concept assez populaire aussi ces dernières années.

C’est un concept qui a été mis en valeur au début des années 1900 par Napoléon Hill, le célèbre auteur de « Réfléchissez et devenez riche ». C’est exactement ce dont je veux vous parler, mais sous le terme codéveloppement.

Le Codéveloppement, c’est ni plus ni moins qu’un Mastermind Group. La méthode utilisée de nos jours a été mise de l’avant au début des années 1990 par Adrien Payette, un enseignant à l’ENAP et Claude Champagne, psychologue industriel. Dès lors, elle a commencé à être enseignée à l’Université.

Ah! Oui?

Bien sûr! Le codéveloppement ce n’est pas « seulement » de se réunir entre pairs pour jaser. Ceux qui ont cette impression vont souvent penser, « ça l’air bien agréable, mais je n’ai pas de temps à perdre avec ça ». Il y a une méthode éprouvée derrière le codéveloppement et j’ai eu la chance de l’expérimenter lors de mes récentes études en gestion des organisations.

J’avais déjà personnellement un très gros penchant pour la collaboration et l’échange. J’aime apprendre des autres, j’ai toujours trouvé cela très enrichissant! Ce que m’offrait le codéveloppement, c’était une structure de travail. Quand un groupe de codéveloppement se réunit, c’est que les participants sont préparés. Ils ont aussi comme objectif commun de parler de leurs enjeux et de repartir avec un plan d’action.

On est loin de la perte de temps!

La méthode de codéveloppement

D’abord, il y a 3 rôles à endosser dans un groupe de codéveloppement: le client, le consultant et l’animateur.

L’animateur est un rôle très important puisque c’est sur lui que repose l’efficacité du groupe de codéveloppement. Il clarifie les messages et s’assure de suivre les étapes. Un groupe peut être mis sur pied de façon autonome et chacun peut faire office, à tour de rôle, d’animateur. L’important est que le rôle soit bien compris et bien géré. Ou bien, on peut joindre un groupe de codéveloppement où l’animateur sera une personne externe. C’est avantageux puisqu’on sait que cette personne externe a des compétences en animation. Cela permet aux participants de profiter pleinement des séances.  Les participants seront à la fois clients et consultants.

Ensuite, les rencontres se déroulent en 6 étapes:

  1. Le client expose son enjeu;
  2. Les consultants (participants) posent des questions pour clarifier l’information;
  3. Le client exprime ses attentes face à cette séance de codéveloppement;
  4. Les consultants s’expriment et le client écoute;
  5. Le client revient sur ce qu’il a entendu et présente son plan d’action;
  6. Une conclusion commune est faite sur les apprentissages effectués pendant cette séance.

En plus d’avoir de la rétroaction de personnes partageant la même réalité que nous, la puissance d’un groupe de codéveloppement c’est que lorsque nous sommes clients et que nous présentons un enjeu, il en découle un plan d’action. À la rencontre suivante, on se doit d’avoir posé les actions et faire un retour sur les résultats obtenus!

 

De plus en plus de ressources pour le codéveloppement

Femmessor Québec met sur pied présentement des cellules de développement collaboratif dans toutes les régions du Québec. L’organisation espère avoir un minimum de deux cellules par région, soit une pour entrepreneures en démarrage ( 5 ans et moins) et une pour les entrepreneures en croissance.

La même chose est offerte depuis longtemps par le Groupement des chefs d’entreprises, sauf que plusieurs petites PME ne se qualifient pas pour se joindre à eux. C’est aussi ça la force du codéveloppement: se regrouper entre personnes qui ont une même réalité. Nous avons, nous les femmes en affaires, l’opportunité d’avoir une organisation qui prend en charge la mise sur pied de groupes de codéveloppement. Ce serait fou de s’en passer!

Pour plus d’informations sur les groupes de codéveloppement, il y a plusieurs articles intéressants sur le sujet sur le site de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Ne me croyez pas sur parole! Allez voir ce qui se dit ailleurs sur le sujet, mais à mon avis, c’est un puissant outil de développement professionnel et personnel.

Et non, cet article n’a pas été commandité par Femmessor. Je l’ai écrit de mon propre chef parce que je me suis inscrite à la cellule croissance au Bas-Saint-Laurent et que je veux qu’il y ait assez de femmes inscrites pour que cette cohorte ait lieu 😉 J’espère que ce billet en influencera quelques-unes, que ce soit ici au Bas-Saint-Laurent ou ailleurs au Québec où plusieurs cellules sont en train d’être mises sur pied! Inscrivez-vous, c’est un investissement en temps qui rapporte.

Vous pouvez aussi écouter cette vidéo, filmée en direct sur Facebook, où je discute de codéveloppement avec Caroline Roy, la directrice régionale de Femmessor au Bas-Saint-Laurent. Débutez l’écoute à 1:45, avant ce temps, nous sommes victimes d’un petit problème technique…